L'Espagne a établi un record historique de naturalisations, approuvant près de 300,000 demandes de ressortissants étrangers en une seule année. Selon Bladi.net, les données publiées par l'Instituto Nacional de Estadística (INE) espagnol confirment une augmentation de 18.7% d'une année sur l'autre, les ressortissants marocains occupant la première position parmi toutes les nationalités ayant obtenu la citoyenneté espagnole.
Le Maroc en tête du classement des naturalisations
L'Espagne a validé exactement 299,732 dossiers de naturalisation, établissant le total le plus élevé de la série statistique qui a commencé en 2013. Les citoyens d'origine marocaine ont dominé le classement avec 42,114 passeports obtenus, surpassant à la fois les groupes colombien et vénézuélien. Les chiffres renforcent une tendance qui persiste depuis plusieurs périodes de reporting : le Maroc envoie constamment plus de nouveaux citoyens espagnols que tout autre pays. L'ampleur des chiffres marocains reflète à la fois la taille et l'enracinement profond de cette communauté sur le territoire espagnol, où l'Espagne compte plus d'un million de résidents nés au Maroc, ce qui en fait la plus grande communauté étrangère du pays.
Qui devient espagnol, et comment
Parmi les nouveaux naturalisés, les femmes constituent la majorité avec 55.4%, et les personnes dans la trentaine forment le groupe d'âge le plus important, devançant de peu ceux âgés de 40 à 49. Ces chiffres pointent vers un profil en âge de travailler, à prédominance féminine, qui reflète les tendances plus larges de la migration de travail en Europe du Sud. En termes de voies juridiques, la résidence reste la route dominante, permettant à 253,836 demandeurs de réussir, un processus lié à dix années consécutives de présence légale en Espagne. Une voie secondaire a également contribué de manière significative aux totaux. L'acquisition par option, liée à la filiation ou la parenté, représente 45,715 décisions, et près de 89% de ces cas concernent des individus âgés de moins de 20 ans. Ce deuxième canal bénéficie principalement aux enfants et petits-enfants nés en Espagne de familles immigrées bien établies.
Un tableau différent selon le lieu de naissance
Les données sur la nationalité d'origine et les données sur le lieu de naissance racontent des histoires tout à fait différentes. Bien que le Maroc soit en tête par nationalité d'origine, le tableau change lorsqu'il est filtré par lieu de naissance. La Colombie se hisse en tête parmi ceux nés à l'étranger, tandis que près de 53 000 des nouveaux Espagnols naturalisés sont déjà nés sur le sol ibérique. Ce dernier chiffre est particulièrement significatif car il indique qu'une part croissante des nouveaux citoyens espagnols ne sont pas des arrivants récents du tout. Ce sont des personnes élevées et éduquées en Espagne qui formalisent simplement un sentiment d'appartenance qu'elles entretiennent concrètement depuis des années. Cette distinction a de l'importance pour les politiques, car elle sépare la discussion sur l'immigration de la réalité des communautés établies et intégrées.

Le gouvernement Sánchez et la tendance plus large de naturalisation
Les chiffres actuels n'émergent pas isolément. Depuis que le Premier ministre Pedro Sánchez est arrivé à la Moncloa en 2018, son gouvernement a accordé la nationalité espagnole à 1,127,370 étrangers, y compris des Marocains, représentant plus de la moitié des 2,113,537 naturalisations enregistrées entre 2009 et la période actuelle. Les critiques et les partisans ont débattu de la question de savoir si un tel rythme reflète une stratégie politique délibérée ou un effet de rattrapage après des années de retard administratif. Avec plus de dix millions de résidents nés à l'étranger, la population immigrée en Espagne représente maintenant 20% de la population nationale totale, un seuil qui fait de l'Espagne l'une des nations les plus transformées démographiquement de l'Union européenne au cours des deux dernières décennies. La rapidité de cette transformation continue de façonner le débat politique dans tout le pays.
Malgré ces étapes importantes, les défis d'intégration persistent. Les données statistiques récentes mettent en lumière un écart profond dans l'accès à l'éducation au sein de certaines communautés immigrées, pointant vers le travail inachevé qui suit l'octroi d'un passeport. Posséder un document de nationalité espagnole ouvre des portes, mais les inégalités structurelles en matière d'enseignement et d'opportunités professionnelles restent une préoccupation concrète pour les décideurs politiques et les groupes de défense travaillant avec les communautés marocaines et autres diasporas à travers l'Espagne.
Les ressortissants marocains ont désormais assuré leur position en tant que plus grand groupe de nouveaux citoyens espagnols pendant plusieurs années consécutives. Les données record de 2025 confirment le rôle de l'Espagne en tant que destination principale pour les émigrés marocains cherchant l'intégration juridique complète en Europe, et cela soulève des questions importantes sur l'éducation, la mobilité économique et le tissu social à long terme d'une nation de plus en plus diversifiée.
Basé sur les reportages de Bladi.net (bladi.net)













