Les provinces du sud ne sont plus une simple note de bas de page dans l'histoire économique du Maroc. Les chiffres, les projets et les entrepreneurs qui se dirigent vers le sud racontent une tout autre histoire.
Pourquoi le sud attire des capitaux sérieux
La Banque mondiale souligne le fort potentiel du Maroc à attirer l'investissement privé dans 4 secteurs stratégiques dans les provinces du sud : les énergies renouvelables, les textiles bas-carbone, les cosmétiques à base d'argan et l'aquaculture. Ces secteurs figurent parmi les piliers les plus importants de l'économie régionale, qui se trouve à un moment décisif de sa transformation.
L'investissement dans cette région pourrait mobiliser jusqu'à 7.4 milliards de dollars et générer plus de 166,000 emplois à moyen terme. Ce n'est pas une projection pour l'ensemble du pays. C'est pour une seule région. L'investissement public dans les provinces du sud a connu une augmentation significative de 86.8% au cours de la période 2020 à 2025, avec une tendance à la hausse prévue en 2026.
L'Agence française de développement a annoncé qu'elle investirait 167 millions de dollars dans les provinces du sud au cours de la période 2025 à 2026, avec des projets couvrant l'eau et le développement socio-économique. Les capitaux étrangers suivent les infrastructures. Et les infrastructures avancent rapidement.
Les infrastructures redessinent la façon dont la région se connecte au monde
Le projet du Port Atlantique de Dakhla, actuellement en construction, vise à doter les provinces du sud d'une infrastructure logistique stratégique. Conçue comme un port multifonctionnel doté de capacités industrielles, commerciales et halieutiques, cette installation renforcera l'intégration régionale et améliorera les échanges commerciaux avec l'Afrique de l'Ouest.
Avec un investissement d'environ 1.04 milliards d'euros, le port deviendra, lors de son entrée en service en 2028, le centre névralgique du commerce entre l'Europe, l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique. Les experts comparent ce moment aux débuts de Tanger Med. Mehdi Tazi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a décrit le Port de Dakhla Atlantique comme transformateur, le comparant au succès de Tanger Med il y a deux décennies.
L'autoroute Tiznit-Dakhla, prolongée jusqu'à Guerguerate, est l'un des projets phares. Ce n'est pas simplement une route, mais un corridor économique vital et un pont terrestre reliant le Maroc au continent africain. Le projet d'autoroute Tiznit-Laâyoune-Dakhla fournit aux provinces du sud une voie routière aux normes internationales s'étendant sur près de 1 055 km.
Les provinces du sud comme plateforme d'énergies renouvelables
Le Maroc vise à atteindre 52% d'énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d'ici 2030, ce qui le positionne comme un acteur majeur de l'énergie propre. La production d'hydrogène vert présente d'importantes opportunités de coopération industrielle avec la France et l'Europe.
Le projet ambitieux Sila Atlantik vise à transporter l'énergie renouvelable du Maroc vers l'Allemagne via un câble sous-marin de 4,800 kilomètres, avec un investissement de 40 milliards d'euros. Ce n'est pas un concept lointain. L'usine de dessalement d'eau de mer de Dakhla est à 90% d'achèvement au début de 2026. Une fois mise en service et alimentée par l'énergie éolienne, l'usine produira 37 millions de mètres cubes par an, visant à améliorer la sécurité hydrique et à irriguer 5,000 hectares de terres agricoles.
Les programmes de construction et de travaux publics prévus pour 2026 se concentrent sur les secteurs vitaux, notamment l'eau, les technologies avancées, les routes, les ports, les énergies renouvelables et l'hydrogène vert. Les entrepreneurs qui comprennent la logistique énergétique voient cela comme une fenêtre de premier-arrivé.

Perspective d'expert sur l'opportunité des provinces du sud
Les provinces du sud du Maroc représentent l'un des environnements d'investissement les plus attrayants du continent africain aujourd'hui. Nous voyons un fort alignement entre le développement des infrastructures, la réforme réglementaire et l'intérêt international croissant des partenaires européens. La nouvelle Charte de l'investissement a déjà amélioré les conditions de création d'entreprise et d'exploitation formelle. Les investisseurs privés dans les énergies renouvelables et l'aquaculture constatent que l'environnement réglementaire, bien qu'encore en évolution, progresse dans la bonne direction. La position atlantique de Dakhla confère à cette région une connectivité que peu d'endroits en Afrique peuvent égaler. Pour les entreprises cherchant à utiliser le Maroc comme un pont entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne, le sud est le lieu où commence le prochain chapitre.
Perspectives sectorielles, professionnels de la durabilité et de l'investissement au Maroc
Aquaculture et agribusiness : des secteurs avec une véritable activité entrepreneuriale
L'industrie de l'aquaculture marocaine a attiré près de 1.3 milliards de dirhams (142.6 millions de dollars) d'investissements au cours du premier semestre de 2025 seul, portée par le démarrage de 183 fermes aquacoles. De ces fermes, 78% se concentrent sur l'élevage de mollusques, notamment les huîtres et les moules, tandis que 18% sont dédiées à la culture d'algues.
La région de Dakhla-Oued Eddahab accueille actuellement 214 projets de développement de l'aquaculture, dont 100 projets menés par de jeunes entrepreneurs. Ce ne sont pas de grandes multinationales. Ce sont des opérateurs locaux construisant des entreprises dans une région qui reçoit à la fois des capitaux et une attention réglementaire en même temps.
Grâce à la décarbonisation et à la nouvelle Charte de l'investissement du Maroc, plusieurs secteurs se sont développés dans les provinces du sud, notamment l'agribusiness, les énergies renouvelables et les matériaux de construction. La combinaison de la diversité sectorielle et du soutien public crée des conditions qui récompensent les premiers investisseurs.

Les provinces du sud sont prêtes pour la prochaine phase
Les données et les accords font valoir le même argument. Les participants au Forum MD Sahara ont réaffirmé que le Sahara marocain est bien plus qu'un territoire d'avenir. C'est une plateforme d'opportunités et un moteur de croissance pour tout le continent africain.
La position géographique des provinces du sud, ouverte à l'Atlantique et au Sahel, connectée à la Méditerranée et à l'Afrique de l'Ouest, positionne la région comme un centre d'échanges, d'investissements et d'innovation. Pour les investisseurs et les entrepreneurs qui considèrent le Maroc comme un pont entre l'Europe et l'Afrique, les provinces du sud sont l'expression la plus concrète de cette vision aujourd'hui.
Les provinces du sud ne font pas attendre. La question est de savoir si votre entreprise est positionnée pour avancer avec elles.
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