L'énergie renouvelable au Maroc n'est plus une promesse sur le papier. Les chiffres sont concrets, les contrats sont signés, et les investisseurs de 4 continents s'engagent pour le long terme.
Pourquoi les fondamentaux sont solides
Le Maroc se situe à une intersection rare. En raison de son potentiel énergétique renouvelable élevé en énergie solaire et éolienne, et de sa position géographique entre l'Europe et le reste de l'Afrique, le Maroc aspire à être un leader mondial dans la production et l'exportation d'hydrogène vert et d'ammoniac. Cette position offre aux investisseurs étrangers 2 marchés dans 1 empreinte.
Le Maroc s'est historiquement appuyé lourdement sur les combustibles fossiles importés, qui représentent plus de 90 % de son approvisionnement énergétique. Cette dépendance a rendu le pays vulnérable aux fluctuations volatiles des prix mondiaux de l'énergie et à l'incertitude géopolitique. La transition vers une énergie renouvelable produite localement offre une solution viable, renforçant la sécurité énergétique, réduisant les émissions de gaz à effet de serre et minimisant la dépendance aux ressources étrangères.
Dans l'Indice d'attractivité des pays pour l'énergie renouvelable 2025, compilé par EY, le Maroc se classe premier en Afrique, devant l'Égypte et l'Afrique du Sud, et 27e au monde. Il se situe également dans le top 10 de l'Indice de performance climatique 2025, avec une note de « élevée », surpassant la plupart des pays membres de l'Union européenne. Ces classements importent aux gestionnaires de fonds effectuant leur diligence raisonnable.
Les cibles et la trajectoire
Le gouvernement a défini une séquence claire et croissante d'objectifs. En 2009, la Stratégie nationale de l'énergie du Maroc fixait un objectif initial d'atteindre 42 % de la capacité électrique totale installée à partir de sources d'énergie renouvelable. En 2015, lors de la COP21, le Maroc a relevé ses ambitions, annonçant des plans pour augmenter la part des énergies renouvelables à 52 % d'ici 2030.
Les progrès sont plus rapides que prévu. Les investissements dans les projets d'énergie renouvelable ont augmenté de près de 42 % au cours des 4 dernières années. La part du solaire et des autres sources d'énergie renouvelable est passée de 37 % en 2021 à plus de 44 % en 2024. Le Maroc est également en voie de dépasser ses prévisions initiales de 2030, révisant à la hausse son objectif d'énergie renouvelable à 56 % d'ici 2027.
L'Autorité nationale de régulation de l'électricité (ANRE) du Maroc a approuvé des objectifs de capacité annuels pour l'énergie éolienne et solaire sur la période 2025 à 2029, ciblant une augmentation de près de 6.9 GW, passant de 2,450 MW en 2025 à 9,338 MW en 2029. C'est 29 % supérieur à l'objectif précédent. Les investisseurs lisant le calendrier réglementaire voient une révision constante à la hausse, non pas un agenda bloqué.
Ce qui soutient le capital étranger en particulier
Les projets d'énergie renouvelable sont soutenus par le cadre institutionnel de l'Agence marocaine de l'énergie durable (MASEN), qui offre un « guichet unique » aux promoteurs de projets privés, regroupant les aspects de permis, d'acquisition de terres et de financement, ainsi que la sécurisation d'une garantie de l'État pour l'investissement.
L'investissement direct étranger (IDE) entrant au Maroc a augmenté de 50.7 % au cours des 9 premiers mois de 2024, atteignant plus de $1.6 milliards. L'énergie renouvelable est un moteur principal de ce chiffre. Les politiques de soutien du gouvernement marocain et les incitations à l'investissement sont essentielles pour attirer les IDE dans le secteur des énergies renouvelables. Les incitations fiscales, les subventions et les partenariats public-privé créent un environnement attrayant pour les investisseurs.
Le Maroc est le seul pays du continent africain ayant un accord de libre-échange avec les États-Unis. Cet accord soutient les objectifs du Maroc de se développer en tant que pôle financier et commercial régional, offrant des opportunités de réexportation de biens vers les marchés d'Afrique, d'Europe et du Moyen-Orient. Cette architecture juridique réduit le risque pour les capitaux internationaux.

Perspective d'experts sur l'engagement à long terme
Le pipeline d'énergie renouvelable du Maroc n'est pas spéculatif. Le cadre réglementaire est éprouvé, l'infrastructure agencielle est en place, et les projets entrant en exécution aujourd'hui ont une visibilité de revenus pluridécennale. Les investisseurs étrangers n'achètent pas simplement l'accès à l'irradiance solaire ou aux corridors éoliens. Ils investissent dans un État qui a structuré sa politique énergétique avec discipline sur plus d'une décennie. Le modèle de guichet unique de MASEN réduit substantiellement les frictions administratives. L'initiative Offre Maroc ajoute un cadre structuré pour les projets d'hydrogène, couvrant les terres, les incitations et les voies d'achat dans un seul paquet. Pour les investisseurs institutionnels avec un horizon de 20 ans, le Maroc rivalise directement avec les marchés du sud de l'Europe sur le profil de risque et le potentiel de rendement.
Perspectives sectorielles, professionnels de la durabilité et de l'investissement au Maroc
La dimension hydrogène
Le programme Offre Maroc a été lancé en 2024 sous la directive du Roi Mohammed VI avec un budget total dépassant 319 milliards de dirhams, approximativement 30 milliards d'euros, complétant la stratégie hydrogène précédente.
En mars 2025, un premier lot de 5 projets a été sélectionné, présentant des consortiums incluant des entreprises du Maroc, de Chine, des Émirats arabes unis, d'Arabie saoudite, des États-Unis, d'Espagne et d'Allemagne. Cette liste de pays signale une large confiance à travers les géographies. Le Partenariat vert UE-Maroc, signé en octobre 2022, a créé un dialogue politique sur le climat, l'énergie et l'économie verte. Le partenariat inclut explicitement le développement d'une économie de l'hydrogène. Il a marqué le premier accord de ce type de l'UE avec un pays non-membre.
Avec son potentiel significatif en énergie solaire et éolienne, le Maroc est l'un des pays ayant le plus grand potentiel de production d'hydrogène vert, capable de répondre à plus de 4 % de la demande mondiale d'ici 2030. Pour les acheteurs européens cherchant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, le Maroc est à 14 kilomètres de l'Espagne et déjà connecté au réseau électrique européen.

Pourquoi l'énergie renouvelable au Maroc fonctionne comme un pari à long terme
La convergence de données ici est spécifique. Le Maroc a une direction politique stable, un objectif de capacité croissant qu'il atteint réellement, un point d'entrée unique pour les investisseurs étrangers, et une géographie qui relie 2 des plus grands blocs de consommateurs mondiaux. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable Leila Benali a annoncé des plans pour tripler plus que les investissements annuels en énergie renouvelable à $1.4 milliards d'ici 2027, soulignant l'ampleur de l'engagement à long terme du royaume.
Le potentiel du Maroc attire les investisseurs étrangers, car le pays est considéré comme le seul corridor énergétique et commercial reliant l'Europe, l'Afrique et le bassin Atlantique. Ce statut de corridor n'est pas du langage marketing. C'est un avantage structurel soutenu par des accords commerciaux, une infrastructure existante, et un gouvernement qui a révisé ses objectifs d'énergie renouvelable à la hausse 3 fois en 15 ans.
Pour tout opérateur ou fonds évaluant où placer du capital dans la transition énergétique de l'Afrique, l'énergie renouvelable au Maroc offre une combinaison qui est rare : des objectifs crédibles, des règles transparentes, et un roster croissant de co-investisseurs mondiaux déjà à la table.













